Laos

Sabaïdee Laos, Sabaïdee Vientiane

20 avril 2016

 

Nous arrivons au Laos le mercredi 23 mars, en milieu de journée, après 30 heures de voyage. À la descente de l’avion, nous effectuons nos visas en cinq minutes chronos et sans qu’aucun papier ne nous soit demandé (merci Emirates pour le coup de pression). Nous récupérons nos sacs, soulagés, car dès Cairns, on se disait qu’ils n’allaient jamais arriver vu l’organisation. Ma housse de sac est un peu déchirée, mais le sac n’a rien (heureusement, car c’est celui du frangin, le mien s’étant avéré trop petit… deux jours avant le départ). En sortant de l’aéroport, nous suffoquons ; un peu à cause de la chaleur, mais surtout à cause de la fumée. Nous retirons des kips et devenons millionnaires !!! Nous rejoignons l’hôtel que nous avions réservé, il nous plaît beaucoup et c’est pile ce qu’il nous fallait pour commencer notre aventure asiatique.

 

Le come back de l’ordi

À peine installés à l’hôtel, nous partons chercher un réparateur d’ordi. Le seul magasin qui effectue des réparations est, par chance, proche de l’hôtel. Mais, après quelques minutes, on comprend que ce n’est pas gagné du tout. Un seul mec s’occupe des ordis et il ne parle pas anglais (cela aurait été trop facile). Nous passons donc par un autre gars qui lui traduit. Ils se parlent entre eux, mais ne nous disent rien. Robin doit poser plusieurs fois les mêmes questions pour avoir un semblant de réponse. Pendant deux jours, nous faisons une dizaine d’aller-retours au magasin pour finalement réussir à réparer l’ordi. Pour être honnête, le réparateur aura seulement servi à réinstaller le système d’exploitation sur le disque dur vierge, car c’était trop long à faire tout seul. C’est Robin qui démonte, remonte, échange et teste les disques. Le réparateur regarde faire Robin avec des grands yeux et semble découvrir l’intérieur d’un Mac. Soit le vrai réparateur est en vacances, soit Steve Jobs se retourne dans sa tombe.

La vie à Vientiane

Dès nos premiers pas dans la ville, on comprend que Vientiane c’est calme, très calme pour une capitale. Certes, le Laos est un pays peu peuplé (6,6 millions d’habitants) et peu développé, mais Vientiane n’a rien à voir avec les autres grandes villes du Sud-Est asiatique. Cette petite capitale nous permet de faire une transition en douceur, même si le choc des cultures et la pauvreté nous changent de l’Australie. Nous décidons d’y passer quatre jours pour prendre nos marques. La ville est située le long du Mékong, qui marque la frontière avec son voisin plus développé. Nous voyons donc la Thaïlande dans un paysage enfumé : le soleil est bien visible, mais est atténué par un voile de fumée. Après quelques recherches, nous avons la confirmation que cette fumée est due aux brûlis. Il y en a deux types : pour l’agriculture traditionnelle sur brûlis et pour la déforestation par feux ; ils proviennent donc de zones agricoles, hors des villes, mais la fumée est partout.

 

À Vientiane, il y a peu de touristes et pas vraiment de sites touristiques. Seuls trois ou quatre rues concentrent les hôtels pour les voyageurs en transit ou pour les hommes d’affaires (le Laos est en plein développement et les investisseurs sont principalement étrangers). Tous les soirs, nous allons au marché de nuit pour se balader et/ou dîner (1 € les cinq rouleaux de printemps, sans négocier). Le marché de nuit est très grand et ne ressemble pas à ceux que l’on trouve habituellement en Asie. C’est un marché d’habits et d’accessoires presque 100 % Laos. À vue d’œil, je ne rentre pas dans les vêtements de taille asiatique et il y a sûrement plus de coques de portables que d’habitants au Laos. Ce marché contraste avec l’unique centre commercial que nous avons « visité » : le Talat Sao Shopping Mall. C’est un centre commercial « de luxe », où les plus simples robes d’H&M sont vendues l’équivalent de 50€ !

 

Des temples et l’Arc de Triomphe

Je vous épargne l’histoire des temples, leurs architectures, la signification de tel ornement ou de telle peinture. Le principal intérêt des temples de Vientiane est qu’ils sont de réels lieux de vie et pas seulement des lieux de prières ou des « temples musées ». Nous voyons les classes d’écoles, les chambres et mêmes la toilette des moines. Nous les observons jouer au volley avec des balles de bambous tissés, manger et laver leur toges.

 

L’Arc de Triomphe (de son vrai nom Patuxai) n’a rien à voir avec les temples ou la religion bouddhiste. C’est un monument commémoratif en l’honneur des différentes guerres. Il a été édifié en 1960 avec du béton américain, destiné à l’origine à la construction de nouvelles pistes pour l’aéroport. C’est un des symboles de la ville.

 

Buddha Park

Nous choisissons de visiter Buddha Park (de son vrai nom… non, il est imprononçable) parce que nous avons le temps plus que par réelle envie. Les statues de ce parc ont été construites dans les années 50 par un Laotien farfelu qui voulait unifier bouddhisme et hindouisme. Il créa donc 200 statues en béton armé, mélangeant les deux religions. Il n’y a donc rien d’authentique, mais l’ensemble est original et certaines statues sont impressionnantes. Le parc est à environ 25 kilomètres de Vientiane. Nous nous renseignons auprès des tuk-tuks de la ville, tous nous disent le même prix : 300 000 kips (~30€). C’est clairement trop cher et, en regardant sur internet, nous voyons qu’il est possible d’y aller en bus local pour 12 000 kips aller-retour par personne. Évidemment, nous avons pris le bus local et avons passé une heure à nous demander : « Tu crois que c’est là ? » (pas un mot d’anglais du chauffeur et encore moins des gens auprès desquels nous essayons de nous renseigner). Nous finissons par arriver à Buddha Park, qui est envahi par des centaines d’enfants en uniformes. Nous sommes tombés au milieu d’une fête d’école. Certains groupes d’écoliers s’entraînent au chant ou à la danse, avant de passer sur scène ; d’autres jouent dans le parc. À plusieurs reprises, des filles viennent me voir pour que je fasse des photos avec elles. Elles parlent toutes bien anglais. Robin a moins de succès que moi, les garçons sont occupés à escalader tout ce qu’ils peuvent. Cette fête d’école apporte un vrai plus à notre visite de Buddha Park et nous nous en souviendrons sûrement plus que de toutes les statues que nous avons vues.

 

Après trois jours et deux nuits dans notre bel hôtel, nous changeons pour notre dernière nuit à Vientiane afin d’économiser quelques kips (dur retour à la réalité). Nous avons accepté la première chambre que le réceptionniste nous a montrée, alors que c’est probablement la plus petite de l’hôtel (on peut difficilement ouvrir nos sacs à dos). Pour notre dernière journée à Vientiane, nous nous baladons tranquillement dans la ville et regardons même l’ouverture de la ligue de foot. Avant le match, il y a une cérémonie qui dure des plombes avec des sketchs très kitschs, que les employés de l’hôtel ont l’air d’apprécier. Le match commence et on comprend rapidement pourquoi nous n’avons jamais entendu parler du foot laotien. Nous regardons sur internet le classement FIFA du Laos : 182ème sur 204 ! Grâce à Wikipédia, nous apprenons que, parmi les 14 équipes de la ligue, elles sont presque toutes de Vientiane et portent les doux noms de « Lao Army FC » ou « Lao Police Club »…   

Il est bientôt l’heure de quitter Vientiane et de partir pour le Nord du Laos. On commence à prendre nos marques, à « s’habituer » à la fumée des brûlis et aux drapeaux communistes ; seuls nos estomacs ne suivent pas. Cela devait arriver, mais nous aurions préféré un jour plus tôt ou plus tard, car nous allons passer la nuit dans un bus. En effet, nous prenons un bus de nuit pour rejoindre Luang Prabang. Il y a 380 km et le trajet dure entre 10h et 12h… La deuxième réjouissance et que cette partie de la route 13 est réputée pour être « dangereuse », à cause du risque d’attaques armées (mais reste une route plutôt touristique). Nous avions lu que, depuis 2013, les attaques s’étaient calmées. Visiblement, 2016 commence mal. Le consulat américain déconseille à ses ressortissants d’emprunter cette route depuis le 7 mars 2016, suite à plusieurs attaques récentes qui, depuis janvier, ont fait un mort et neuf blessés. Le gouvernement ne semble rien faire et les mobiles des attaques restent flous (conflits entre ethnies Hmongs et armée laotienne, mais aussi vives tensions entre les populations locales et les investisseurs-envahisseurs Chinois). Bref, tout ça pour dire que c’est parti pour une longue nuit de bus en direction Luang Prabang.

On se retrouve très vite pour découvrir Luang Prabang (et savoir si on s’est fait attaquer sur la route 13 – gros suspens).

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4 Commentaires

  • Répondre Liliane 21 avril 2016 à 7 h 26 min

    J’aime trop lire ton blog Elisabeth 😉

  • Répondre coco 21 avril 2016 à 9 h 54 min

    Que de couleurs qui ressortent de ces photos !
    C’est clair qu’on sent bien le changement avec l’Australie !!
    Mais vous allez vous régalez : c’est sur !!
    Heureusement qu’on sait que vous êtes déjà au Cambodge sinon le suspens à la fin de cette partie aurait été insoutenable !!!! 😉
    bisous

  • Répondre Grokoko 21 avril 2016 à 16 h 37 min

    (y)

  • Répondre anna 24 avril 2016 à 16 h 47 min

    Roland trouve qu’Adéle est une parfaite journaliste reporter distinguée article intéressant simple et clair. l’essentiel est dit.
    Merci pour ses nouvelles et leur suspense

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