Indonésie

Le Kawah Ijen et ses porteurs de soufre

16 septembre 2016

 

Mercredi 10 août, après 6 h de route depuis le volcan du Bromo, nous arrivons à Banyuwangi, situé à l’extrême Est de l’île de Java (Google Maps est votre meilleur ami). Nous prenons nos quartiers dans un hôtel dont le patron est, soi-disant, le cousin du fameux Yohannes (avec qui nous avons réservé ce combiné Bromo/Kawah Ijen).

La soirée est courte, car nous essayons de dormir tôt : le réveil est prévu à 0 h 15 ! Comme on dit, j’ai beau être matinale, j’ai maaaaaal. L’organisation est toujours aussi bordélique et nous ne partons de l’hôtel que 45 min plus tard. Nous roulons pendant une heure dans le noir, sur une route raide. On a l’impression de s’enfoncer dans une grande forêt, loin de tout… mais, arrivés au parking, il y a des dizaines et des dizaines de voitures et des gens partout. Encore une fois, nous attendons le reste des clients de l’hôtel (excursion privée qu’il disait…). Nous finissons par retrouver notre guide, Shami. Il travaille comme guide, mais aussi comme mineur. En effet, le Kawah Ijen est le principal centre d’exploitation de soufre de toute l’Indonésie, qui est utilisé pour le raffinage du sucre. Les mineurs travaillent principalement entre minuit et 10 h du matin. Juste pour vous donner une idée des conditions de travail : l’espérance de vie des mineurs est de 45 ans…

Nous montons de nuit jusqu’au cratère. Lorsque nous y arrivons, nous devons mettre les masques à oxygène (rien à voir avec les petits masques de la veille au Bromo). De nombreux gaz toxiques émanent du cratère et, sans masque à oxygène, il est difficile de respirer. Nous descendons dans le cratère en suivant Shami. Il y a quelques embouteillages de touristes, certains remontent et d’autres descendent. À cela s’ajoutent les mineurs, dont certains portent des paniers remplis de plaques de soufre. Les chargements pèsent entre 70 et 110 kg et l’effort paraît démentiel. Le chemin est assez raide, les nuages de fumée et la nuit n’aident pas à la descente.

 

Nous arrivons en bas du cratère, au niveau des fameuses flammes bleues qui ont fait la réputation du volcan. Les flammes sont dues au soufre qui s’échappe à l’état gazeux et qui s’enflamme au contact de l’air. En fonction du vent, nous les voyons parfois très bien. Elles sont parfaitement bleues et très hautes (mais difficiles à prendre en photo). C’est un spectacle unique.

 

Notre guide nous emmène encore plus au fond du cratère. Il veut nous montrer où le soufre est extrait. Au moment d’approcher, nous nous prenons un énorme nuage de gaz. Nous commençons à faire demi-tour « en urgence », mais devons nous arrêter, car nous ne voyons plus rien. Nous nous accroupissons tous les trois, les uns contre les autres (le guide, Robin et moi) et attendons. Le temps nous semble très long. Nous commençons à tousser et les yeux, même fermés, nous piquent. Heureusement, le nuage s’en va et nous pouvons atteindre le site d’extraction. Il y a quelques mineurs qui frappent le sol avec des barres à mine, au milieu de jets de fumée. C’est vraiment impressionnant. L’environnement est franchement hostile, nous avons l’impression d’être dans un autre monde. Le guide nous fait toucher le soufre fraîchement extrait. Il est encore tiède.

 

Shami veut vraiment tout nous montrer et nous descendons jusqu’au bord du lac. Il paraît que c’est le lac le plus acide du monde ; le Routard affirme que c’est interdit d’y accéder et de le toucher. Le guide nous invite à y mettre la main… J’y trempe mon petit doigt (et rassurez-vous, je ne l’ai pas perdu depuis !).

 

Les premières lueurs du jour apparaissent et nous remontons pour sortir du cratère. La majorité des touristes sont déjà partis. Dans la montée, alors que nous traversons un nouveau nuage de fumée, nous entendons un grondement suivi d’un éboulis qui descend jusqu’au lac… Décidément, le Kawah Ijen n’est pas très accueillant ! Nous sommes contents d’arriver en haut du cratère et de pouvoir respirer sans masque. Le jour s’est levé, nous découvrons le lac vu de haut. C’est magnifique. Nous redescendons tranquillement jusqu’à la voiture et laissons notre guide à cette drôle de vie. Nous arrivons à l’hôtel vers 9 h et la journée est loin d’être finie, car nous partons dans la matinée prendre le ferry pour rejoindre l’île de Bali. Une nouvelle étape nous attend.

 

Pour finir, voici la bande-annonce d’un reportage d’Ushuaia Nature sur le Kawah Ijen. Désolée de vous infliger la mise en scène avec une musique de suspens et une voix off flippante, mais cela permet de voir quelques images des flammes bleues. Et pour finir, la dernière phrase de la bande annonce : « Ils vont aussi découvrir qu’ils ne sont pas seuls »… car il y a plein de touristes !!! Bref, le Kawah Ijen, c’est beau, c’est ouf et c’est surtout une sacrée expérience.

 

À bientôt pour la suite de notre périple indonésien !

Vous pourriez aimer

9 Commentaires

  • Répondre Agnès 17 septembre 2016 à 3 h 44 min

    Encore plus impressionnant que le Bromo, cette expérience doit être inoubliable ; chapeau aux porteurs de soufre…la montée sur un chemin si étroit ne doit pas être facile. Vos photos,,, toujours « topissimes » !
    Rendez-vous à Bali, enfin une étape qui ne m’est pas totalement inconnue !!!

    • Répondre Elise 22 septembre 2016 à 13 h 05 min

      Pour nous aussi le Kawah Ijen aura été plus impressionnant que le Bromo, cela restera un moment fort de notre voyage !

  • Répondre Mathilde 17 septembre 2016 à 6 h 29 min

    C’est magnifique !! Tout vos articles nous font rêver !

    • Répondre Elise 22 septembre 2016 à 12 h 52 min

      Merci Mathilde ! À bientôt et bises à vous deux !

  • Répondre gallou 19 septembre 2016 à 3 h 13 min

    Quel truc de ouf…cela a du être impressionnant ! Des bibi!

    • Répondre Elise 22 septembre 2016 à 13 h 03 min

      Comme tu dis !

  • Répondre Grokoko 21 septembre 2016 à 18 h 29 min

    !!!

    • Répondre Elise 22 septembre 2016 à 13 h 04 min

      Je vois que tu es restée bouche bée ! Nous aussi !

  • Répondre 50 jours en Indonésie : notre bilan – Elise on the way 30 novembre 2016 à 18 h 31 min

    […] dans des paysages toujours magiques. On se souviendra longtemps du jour qui se lève sur le Bromo, des porteurs de soufre du Kawah Ijen, du Batur et du Agung qui dominent Bali et de l’incroyable trek sur le […]

  • Laisser un commentaire

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.